Les Amis d’Angélique de Rouillé

 

L'association sans but lucratif "Les Amis d'Angélique de Rouillé" a été créée en 1991 pour préserver et promouvoir le patrimoine du village d'Ormeignies (Ath - Belgique).

Elle compte aujourd'hui (décembre 1999) une centaine de membres effectifs et adhérents.

Conseil d'administration

 

Etienne CAQUEUE, président

Daniel LECLERCQ, vice-président secrétaire

Jean-Jacques NEVE, vice-président trésorier

Michel CAQUEUE, administrateur

 

Membres donateurs

 

Conformément à l'article 4 des statuts, le Conseil d'administration a décerné le titre de membres donateurs pour l'année 1998 à :

 

Mme Viviane de VILLERMONT

M. Antoine d'HENNEZEL

 

 

In memoriam :

Mme Cécile de Wasseige et Mme Paul D’Oultremont

 

 

Les statuts des "Amis d'Angélique de Rouillé"

ont été publiés dans l'annexe du Moniteur Belge du 5 décembre 1991

 

Les activités des Amis d'Angélique de Rouillé

1. Concerts

En mars 1992 et avril 1993, la chorale " Rencontre " d'Ath a donné un concert dans l'Eglise Saint-Ursmer. La deuxième année le quatuor " Nervia " assurait la première partie.

En avril 1994, ce fut le tour de " Cinq Hertsens en Concert ".

En 1995 et 1996, les Amis d'Angélique de Rouillé ont invité la Jeunesse Musicale d’Ormeignies, issue de la fanfare Saint-Ursmer et de jeunes musiciens de la région.

1997 a vu le retour de la chorale "Rencontre" accompagnée du Children's Symphony orchestra dans un programme de musique classique et baroque.

Tous les concerts ont obtenu un grand succès tant auprès du public local que des mélomanes de la région.

2. Expositions

Une importante exposition, " Angélique, châtelaine d'Ormeignies " a accueilli un millier de visiteurs dans l'Eglise Saint-Ursmer en septembre 1991.

L'année suivante, toujours dans le cadre de la ducasse de septembre, une exposition a traité d' " Ormeignies autrefois ". Elle rassemblait plus de 500 photographies anciennes et documents sur le village à l'école paroissiale.

En 1993, les " Premières Rencontres artistiques d'Ormeignies " ont réuni dans la salle Spoculo 25 artistes régionaux de différentes disciplines. L’expérience fut renouvelée avec succès en 1996 et 1999 dans le cadre plus modeste de la salle Saint-Ursmer.

" Ormeignies se souvient ", en septembre 1995 a célébré avec éclat le cinquantième anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale. La même opération sera menée en septembre 1998 à l'occasion du 80ème anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918.

3. Publications - divers

Les " Amis d'Angélique de Rouillé " publient un bulletin de liaison semestriel à destination de ses membres et sympathisants.(13 bulletins parus en juillet 1998 + un numéro spécial "Ormeignies se souvient")

Ils ont édité :

- des séries de cartes postales anciennes sur Ormeignies et Autreppe.

- le vidéogramme " Sur les pas d'Angélique ", complété par des reportages sur les activités de l'association (sur commande).

- la plaquette commémorative de la restauration de la chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.  

- des drapeaux aux couleurs d'Ormeignies

- En projet :

- un vidéogramme " Ormeignies des quatre saisons "

- des plaquettes monographiques (histoire, folklore, promenades ...)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Madame Cécile de WASSEIGE

 

 

Née baronne de Vinck (armes : d’argent, à cinq pinsons de sable, posés trois et deux, surmonté d’un lambel à trois pendants du même), Madame Cécile Emma de Wasseige vit le jour le 27 juillet 1900 au château de Bossière, petit village situé à six kilomètres au sud de Gembloux. Ce château avait été acquis par son père, le baron Georges de Vinck (1854-1924) après son mariage en avril 1886 avec Marie-Philippine de la Barre d’Erquelinnes (1861-1944).

L’hiver, la famille de Vinck résidait dans leur grand hôtel de maître, rue de Trèves à Bruxelles, immeuble construit par Emile de la Barre d’Erquelinnes (1822-1904).

Huitième et dernier enfants du couple, Cécile de Wasseige était l’arrière-arrière petite fille d’Angélique de Rouillé.

Très attachée à son ascendance elle se plaisait à dire: " j’ai hérité du nez Rouillé ", ce qui voulait dire d’un nez charnu. Elle était la filleule de la comtesse Emma de Rouillé (1860-1947) épouse du comte Auguste d’Ursel (1857-1916) et cousine assez proche de la comtesse Paul d’Oultremont (1901-1994) née Madeleine d’Ursel.

Durant son adolescence, Madame de Wasseige reçu, comme ses frères et sœurs, une excellente formation artistique. Tous suivirent les leçons d’Henri Bodart de l’Académie de Namur qui arpentait la campagne de Galzinne avec ses élèves à la recherche de coins intéressants. Monsieur Bodart est très connu dans le namurois par ses admirables dessins du vieux Namur qui ont fait l’objet d’une rétrospective officielle en 1994.

La spécialité de Madame de Wasseige fut la tapisserie au point. Elle en fit des centaines que l’on retrouve dans toute la famille ainsi que chez ses amis. Elle créait entièrement ses cartons en s’inspirant à droite et à gauche des motifs qu’elle trouvait. Son dernier ouvrage encore entre ses mains peu de jours avant sa mort fut un petit coussin aux initiales de l’une de ses arrières petites filles.

En juillet 1931, elle avait épousé Philippe Armand de Wasseige (1898-1974) fils de Jean de Wasseige (armes : de gueules, au chevron d’argent, accompagné de trois étoiles à cinq rais du même) et de Blanche de Lhoneux (armes : d’argent, à deux lions affrontés de sinople, couronnés ,armés et lampassés de gueules)

Le couple eut six enfants : Betty qui épousa le chevalier José de Theux de Meylandt et Montjardin; Jean qui épousa Monique de Schaetzen; Nadine qui épousa le baron Dominique van den Branden de Reeth; Christiane qui épousa Jacques de Hemptinne; Géry décédé à l’âge de cinq mois; enfin Anne qui épousa Baudouin de Hennin de Boussu Walcourt.

En 1960, Madame de Wasseige et son époux s’installèrent à Dave, à sept kilomètres au sud de Namur. Philippe de Wasseige s’y éteindra le 3 octobre 1974. Restée veuve 23 ans, Madame de Wasseige s’éteindra à son tour en octobre 1997, restée très alerte malgré ses cents ans tous proches.

 

Etienne CAQUEUE

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Madame Paul d'Oultremont

 

Parmi les membres du Conseil d'administration des Amis d'Angélique de Rouillé, il y avait deux présidentes d'honneur : Madame Cécile de Wasseige et Madame Paul d'Oultremont. Toutes deux sont aujourd'hui décédées.

Il est intéressant de les situer dans la ligne de notre A.S.B.L.

Voici quelques éléments sur Madame Paul d'Oultremont.

Née à Zemst (Brabant) le 17 août 1901, décédée à Presles le 25 juillet 1994, la comtesse Madeleine d'Ursel se rattachait à Angélique de Rouillé de la façon suivante :

[1] Marie, Antoinette, Angélique, Josèphe Pollart d'Hérimez (baptisée à Ath le 25 juin 1756, décédée à Ormeignies le 11 février 1840) épouse à Ath le 15 juillet 1777, Louis, François de Rouillé (né à Paris le 2 mars 1739, y décédé le 26 novembre 1814).

[2] De ce mariage est notamment issu le comte (1857) Edouard, Louis, Isidore de Rouillé (né à Ath le 14 juillet 1786, décédé à Ormeignies le 10 septembre 1865) qui épouse à Ath le 29 novembre 1815 Maris, Aldegonde, Joséphine Van Segboeck (née à Ath le 14 janvier 1792, décédée à Ormeignies le 14 juins 1870. Ils ont eu 6 enfants,

[3] dont le Comte Adhémar, Isidore, Désiré de Rouillé (né à Ath le 20 août 1821, décédé à Bruxelles le 27 décembre 1895) qui épouse à Bruxelles le 7 avril 1858, la Baronne Marie, Charlotte, Louise Osy de Zegwaart (née à Bruxelles le 6 avril 1837 et y décédé le 26 février 1913).

[4] De ce mariage est notamment issue Emma, Louise, Marie, Charlotte de Rouillé (Née à Bruxelles le 27 juillet 1860, y décédée le 7 octobre 1847) qui épouse à Bruxelles le 23 janvier 1883 le comte Marie, Joachim, Auguste, Paul d'Ursel (né à Bruxelles le 29 février 1857, y décédé le 27 août 1916).

Il s'agit du père et de la mère de la Comtesse Madeleine d'Ursel qui épouse à Zemst le 3 novembre 1933 le Comte Paul, Henri, Marie, Ghislain d'Oultremont (né à Ixelles le 27 mai 1882, décédé à Saint-Josse-ten-Noode le 5 janvier 1939).

Nous retracerons ici les événements marquants de sa vie. Soulignons cependant qu'elle n'a guère infligé de discours moralisateurs mais que c'est sa vie qui a tout transmis par son exemple.

 

Au commencement était une famille heureuse, nombreuse (11 enfants) et chaleureuse. La petite Madeleine va y puiser un bonheur à toute épreuve qui lui permettra d'en traverser beaucoup. Jeune fille, sa curiosité intellectuelle lui fera bûcher les cours de philo de son frère et dévorer des bibliothèques entières. Une ribambelle de neveux turbulents vont lui apprendre la joie de conter des histoire et organiser des jeux. Elle sera une seconde mère pour les enfants de son frère Antoine dont l'épouse est décédée en Indochine.

En 1929, un grand voyage à travers l'Asie pour rejoindre ce frère va la sortir du doux coton familial pour découvrir le monde. Son retour par le transsibérien comblera son goût de l'aventure. En 1933, elle épouse le Comte Paul d'Oultremont qui la laisse veuve en 1939, avec cinq enfants. Quelques années seulement de bonheur conjugal vont tisser entre eux un lien si fort qu'elle en vivra toute sa vie. Malgré son veuvage, elle rendra leur père si présent qu'il aura toute sa part dans l'éducation des enfants. Sa foi va lui permettre de retrouver la joie de vivre et de leur offrir à son tour une enfance heureuse.

Pendant la guerre 1940-1945, son frère Antoine (dont il a été question plus haut) dirigera la " Ligne Comète ", spécialisée dans le rapatriement en Angleterre des pilotes alliés abattus en territoire occupé par les Allemands. Elle fut amenée à y participer.

Son action pendant la guerre au sein de cette " Ligne Comète ", un peu surprenante pour une veuve en charge de si petits enfants, était une preuve de sa foi sereine et de sa liberté de jugement. Elle d’abord voulu sauver son frère Antoine qui ne pouvait quitter la tête du réseau sans en assurer l’avenir. En l’aidant, elle est entrée dans ce qui nous apparaît comme la plus grande aventure et qui lui est apparu comme une succession de gestes indispensables à accomplir. En prison, cette foi sereine en l’amour de Dieu, qui permet d’aller jusqu’au bout, va lui faire traverser ses angoisses de mère et maintenir haut le moral de ses compagnes. A la veille de la Libération, elle est embarquée avec ce qui reste de prisonnières à Saint-Gilles dans un train de déportation vers les camps, mais le miracle s’accomplit. Une poignée de cheminots a décidé que cet ultime train ne franchirait pas la frontière. Ils vont le saboter et permettre la libération des prisonniers.

Elle avait beaucoup à apporter : un humour qui remet tout en place, une écoute attentive et surtout ce respect de la liberté de l’autre et une confiance qui forme les consciences. Elle fera aussi la joie de ses 17 petits enfants. Une granny accueillante, toujours prête à raconter des histoires comme à les écouter. Une granny qui sait bien ce qu’elle veut mais toujours prête à se remettre en question., même à plus de nonante ans.

Terminons par ses propres paroles : " Il n’y a trois choses qui aident à vivre : confiance en Dieu, le sens de l’humour et le bon café ".

Noel Van Ypersele, sa fille

Antoine d’Hennezel, son neveu

 

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