Les   Amis d'Angélique de Rouillé, a.s.b.l.

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L'art de soigner et de guérir autrefois

 

Deux praticiens visitaient les malades d'Ormeignies dans les années 1910.

Le docteur Docquegnies venait, à  vélo, de Huissignies. Ses médications (les fioles) étaient réalisées par sa femme Eva Degouys. C'était un grand amateur de jeu de balle. Il faisait le tour de tous les ballodromes les lundi de kermesse comme l'attestaient les tickets accrochés, la semaine durant, sur son couvre-chef.

Le docteur Canon de Chièvres venait avec un tonneau (charrette à  deux places tirée par un bidet). Il l'attachait à  l'anneau prévu à  cet effet près de la porte .Ce qui explique l'intéràªt du "décrottoir" placé à  proximité!

Dans les cas graves on appelait "en consultation" c'est-à -dire deux médecins. Bien souvent (et au mieux), cela se terminait par une opération. Les honoraires étaient fréquemment réglés à  l'année.

Pour les accouchements, le Docteur était accompagné de Joséphine l'accoucheuse ("Maman Fifine") de Tongre. Toujours à  pieds, elle venait de Tongre pendant neuf jours afin de s'occuper du bébé. Celui-ci était lavé et étroitement emmailloté pour qu'il garde les jambes bien droites. Trois jours après la naissance, il était baptisé ; c'était obligatoirement sa première sortie. Quelques jours après, Joséphine conduisait la maman à  l'église pour la cérémonie (messe) des relevailles.

à€ Autreppe, c'était Maria " Galoche " de Huissignies qui officiait. Dans les années quarante, Marie de l'Institut reprit le flambeau. Elle avait obtenu son diplôme à  l'école rue Monnel à  Tournai.

Réchaud d'infirmière, Musée de la vie rurale à  Huissignies.

Le docteur Tomson de Chièvres fut prisonnier de guerre. A son retour, il pilotait, de jour comme de nuit, une bicyclette pourvue de pneus (maintenus par des ficelles !) à  trois épaisseurs (1).

Plus rarement, on pouvait aller chez le docteur Oswald Destrain chirurgien à  la clinique de Beloeil. Le docteur Ernest Walravens d'Ath (2) venait à  Ormeignies car il était médecin officiel des anciens combattants. La guerre 14-18 avait développé ses compétences de chirurgien. Il était également propriétaire de la clinique d'Ath. Il y organisait des consultations gratuites pour les familles des nécessiteux (3). Les médicaments étaient fournis par les pharmacies Lesuisse ou Anselain à  Ath. A l'occasion, on pouvait profiter de la visite du vétérinaire (MM. Huicq, Vion, Wallez...) pour se procurer une pommade à  l'indication assez large mais très appréciée que "l'artisse" fabriquait lui-màªme pour un prix dérisoire.

Des dons de guérisseurs étaient reconnus à  certains tels Hélène Delmotte ou Albert Vilet qui "soufflait " les brà»lures (4). Plus près de nous tous ont en mémoire la fameuse " bouteille du curé " de l'Abbé Réveillon. Pierre Médart détruisait les verrues en les recouvrant d'un mystérieux mais très efficace sublimé. Laure Degouys soignait les chevaux atteints de coliques. Elle demandait l'âge du cheval, la couleur et le nom du propriétaire puis se plongeait dans un énigmatique livre de prières. On se souvient que M.Vion décréta qu'une des vaches de Karl Portois souffrant d'entorse devait àªtre abattue. N'ayant plus rien à  perdre, on s'en fut chercher le sieur " Goguette " à  Blaton. Celui-ci, après son office (et un vigoureux coup de pied), remit la vache sur pattes!

J.J. Nève

 

Pouvez-vous identifier : (a) la cocote ; (b) le croup ; (c) les pochètes volantes ; (d) l'ranète ; (e) les coliques miserere ?

 

(1) La pénurie de pneumatiques n'épargnait personne lors de la guerre. Le bon docteur était tellement occupé que c'est la nuit qu'il apprit la conduite automobile à  ses filles.

(2) Il venait soigner Mathilde Delaunois la femme de Victor Blanchart. Il lui avait prédit qu'elle vivrait plus longtemps que lui et...il ne s'est pas trompé.

(3) On se souvient aussi des Docteurs Debode, Juste, Platiau, Truffin de Huissignies,Vandensavael au guidon d'une vénérable motocyclette que Maurice Choquet s'efforcait de maintenir en fonctionnement au cours de la guerre 40/45.

(4) Il a ainsi soigné à  Ormeignies une enfant tombée (du derrière!) dans le lait battu bouillant ou une autre à  Autreppe ayant fait une chute dans un feu de  " courtes pailles ".

Voici un extrait des documents originaux d'Albert Vilet:

"Par trois fois différentes,

soufflez en forme de croix sur la brà»lure en disant:

O grand saint Laurent

Sur un brasier ardent

Tournant et retournant

Vous n'étiez pas souffrant

Ah, faites-moi la grâce

que cette ardeur se passe

Au nom du Père et du fils et du Saint Esprit ; Ainsi soit-il."

 

(a) fièvre aphteuse

(b) diphtérie

(c) varicelle

(d) muguet

(e) appendicite

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